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Acériculteur passionné

Erabliere de Saint David
2019-03-05

Chronique agriculture - Acériculteur passionné

Je vous présente Michel Blanchard producteur acéricole.  Michel avait 10 ans lorsqu’il commence à rêver de sa cabane à sucre. Il entaille ses premiers érables à l’aide de chalumeaux taillés dans du bois dont l’intérieur était brûlé avec une tige de métal afin de permettre à l’eau de couler. Celle-ci était ensuite bouillie sur le poêle à bois de sa maman.

Les débuts

C’est en 1996 que Michel achète une terre à bois sur laquelle on retrouve des érables rouges (érables à plaine).  Il croyait qu’à sa retraite, il pourrait y entailler 200 ou 300 érables. C’était sans tenir compte de la passion qui l’animait depuis son enfance. Il réussit à convaincre Lise, sa conjointe, de bâtir la cabane à sucre rapidement. Il débute donc la construction de celle-ci à l’automne et il la terminera en 1998 pendant le verglas.

Au printemps, c’est 300 érables qui sont entaillés à « la chaudière » et l’année suivante, 800. La cueillette se fait avec l’aide de son papa et des membres de la famille élargie qui viennent mettre l’épaule à la roue la fin de semaine. La bouilleuse étant petite, Michel doit la partir à 6 h et faire bouillir jusqu’à 23 h. On parle vraiment de passion ici !

Les premières récoltes sont de 25 à 30 gallons.

Modernisation

En 1999, il décide de remiser les chaudières et de passer à la tubulure. L’eau recueillie est ainsi acheminée à l’étage de la cabane où elle est filtrée. Elle passe ensuite à l’osmose inversée. Le concentré est ensuite bouilli afin de l’amener à un taux de sucre acceptable (entre 66 et 67 Brix).

Erabliere de Saint David tubulure

Avec 3 000 entailles, Michel m’explique que la rentabilité n’est pas nécessairement liée au volume, mais que c’est surtout l’efficacité qui est importante et celle-ci se passe dans le bois. Il faut savoir que les tubulures qui entourent la cabane à sucre se transforment en terrain de jeu pour les écureuils. À chaque jour, il parcourt sa terre en vtt et vérifie à chaque bout de ligne si le « cadran à vacuum » diffère de celui de la station de pompage, il sait qu’il doit investiguer davantage cette ligne et faire la réparation qui s’impose.

La saison dernière a été une année record avec 1 013 gallons de sirop. La moyenne est habituellement d’environ 700 à 800 gallons.

La retraite

C’est finalement en 2006, soit vingt ans après l’achat de sa terre à bois, que Michel a pris sa retraite d’IBM. Avant cette date, les vacances annuelles et les journées de congé étaient réservées à la saison des sucres.

Le sirop

Les érables rouges donnent une eau moins sucrée que les érables à sucre. Le sirop que produit Michel est convoité pour faire du beurre d’érable.

Saviez-vous que certains acériculteurs font du sirop d’automne ? Michel n’en fait pas pour l’instant, ne soyez pas surpris de le voir faire un essai prochainement.

Erabliere de Saint David Interieur

Les défis

L’un des défis auxquels font fassent les acériculteurs québécois, c’est de se faire payer dans un délai raisonnable. Certains doivent attendre plusieurs années après la vente de leur sirop à la Fédération pour recevoir leur paiement.

 La concurrence des acériculteurs du Nouveau-Brunswick, de l’est de l’Ontario ainsi que des États-Unis (Vermont, Maine et New York) inquiète. Leurs parts de marché augmentent et les producteurs québécois doivent s’assurer de rester concurrentiels non seulement sur le marché nord-américain, mais aussi international.

 À la demande de la Californie, la présence de plomb doit être complètement éliminée des équipements. Celui-ci peut se retrouver dans les soudures à l’étain. Ce sont les plus petits producteurs qui sont touchés puisque les changements sont très onéreux.

Terre à bois

Nous terminons notre échange en parlant de l’importance de la protection des terres agricoles et des boisés.

 « Les terres à bois sont les poumons de la planète, ils protègent contre l’érosion des champs ».

 

Marie-France Cloutier